le Gaulois

mercredi 13 octobre 2010

Immigration : dossier brûlant



Résoudre l’important problème posé par l’immigration
par Jean-Patrick Grumberg
Source : drzz.fr

Voici la lettre que publiait Georges Marchais dans l’Humanité du 6 janvier 1981 (bien que je n'ai pas de sympathie pour les dictatures et leurs laquais).

"Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca (1). Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés.

En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables.

La cote d’alerte est atteinte. (…) C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration.

Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français.

Quand la concentration devient très importante (…), la crise du logement s’aggrave.

Les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d'aide sociale nécessaires pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes."

Aujourd’hui, ces propos sont considérés - par son propre camp mais aussi par une partie du camp adverse - comme d’une absolue xénophobie, insupportablement chauvinistes, dignes de l’extrême droite la plus nauséabonde. Aujourd’hui, de tels propos embrasent la France et déclenchent, de la part des associations qui se prétendent « humanitaires », des procès en cascades, des déclarations outrées, véhémentes, des dénonciations scandalisées, dont les médias se font joyeusement le relais.

Qu’est ce qui a changé ?

Pourquoi les élites considèrent-elles qu’affirmer en 2010 « le nombre de travailleurs immigrés est déjà élevé » relève de la manipulation des faits à des fins populistes, et pas en 1981 ? Si à l’époque le nombre de travailleurs immigrés (quatre millions et demi soit 8% de la population) était déjà trop élevé, quel est le mot acceptable pour décrire la situation actuelle, avec neuf millions d’immigrés soit 14% de la population ? Y a-t-il d’ailleurs un mot acceptable ?

Georges Marchais affirmait que « la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables ». La gauche était donc plus courageuse en 1981 qu’aujourd’hui ? Elle était, alors, capable de « regarder en face les graves problèmes posés par l’immigration », et aujourd’hui elle ne l’est plus ? De quelle maladie, de quelle couardise collective est donc atteinte la gauche, dans sa globalité, pour ne plus pouvoir, en 2010, dire ce qu’elle affirmait sans malice dans la presse de 1981 ?

L’immigration qui posait de graves problèmes en 1981, serait devenue, en vingt ans, une formidable chance pour la France ? Comment un grave problème peut il muter en formidable chance ? Les immigrés seraient soudain couverts de diplômes et de hautes qualifications professionnelles ? Selon l’INSEE, les immigrés ne viennent plus d’Europe, car ceux là ont trouvé mieux que la France pour émigrer, mais ils viennent toujours massivement des pays du Maghreb et d’Afrique. S’ils sont une formidable chance pour la France, c’est autant de perdu pour leurs pays d’origine. Pourquoi leurs gouvernements ne font-ils rien pour les retenir ? Pourquoi laissent-ils échapper passivement cette formidable richesse ? Et pourquoi ces immigrés ne nous gratifiaient-ils pas de leur diversité et de la chance de leur présence dès 1981 ? Pourquoi ont-ils attendu vingt ans pour nous faire ce cadeau ? Pourquoi, en 1981, ne nous apportaient-ils que leurs problèmes ?

Marchais affirme dans sa lettre que l’immigration jette de nouveaux travailleurs au chômage. Mais le taux de chômage de 1981 (6.4%) ne diffère pas profondément du taux de 2008 (7.4%) alors que le nombre d’immigrés n’a cessé d’augmenter. Marchais se trompait donc en 1981, et nos élites se trompent en 2010 : si l’immigration était une si grande chance pour la France, le nombre de chômeurs aurait dû fondre et l’économie s’envoler, ce qui n’était pas, la dernière fois que j'ai vérifié, exactement le cas. De quelle chance pour la France parlent les élites ?

De la chance avec la diversité ? Georges Marchais expliquait, déjà en 1981, que l’immigration pose d’importants problèmes dans la vie locale du fait qu’ils vivent selon des traditions, des langues et des façons différentes. Les français se seraient donc, en 2010, enrichis des traditions, des langues et des façons de vivre des immigrés ? Quel fut l'apport de cette diversité, ces vingt années passées ? Marchais ne parle, au contraire, que de tensions, de heurts et de relations difficiles avec les français. Les tensions et les heurts n’ont fait que grandir (on ne brûlait pas encore les voitures, en 80), tandis que les relations sont soit inexistantes, soit en voie de compartimentation communautaire avec l'adoption de lois mahométanes.

Pour terminer, Marchais explique que les charges nécessaire à entretenir les familles immigrées deviennent insupportables pour le budget. En 1981 ! Certes la faillite de la France n’est pas à mettre sur le dos de l’immigration, car si les allemands on su brillamment absorber les allemands de l'Est, une France économiquement vivante, dynamique et libre en aurait fait autant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que si l'immigration était insupportable en 1981, elle l’est encore moins en 2010 ou la dette atteint la quasi-totalité du PIB.

Au-delà de ces considérations, ce qui frappe, c’est qu’alors que les problèmes de 1981 ont pris une ampleur qui va d’inquiétante à dramatique – tout dépend si l’on vit dans un ghetto de riches blancs aux écoles calmes et aux rues sures, ou dans les difficiles banlieues de la diversité, ces problèmes demandent qu’ils soient abordés. Aux problèmes de société, de chômage, de sécurité et de coût pour la collectivité évoqués par Georges Marchais, se sont ajoutés des problèmes religieux, communautaristes, antisémites et racistes. Les médias, hommes politiques et sociologues font hélas tous dans leur froc quand il s’agit de les évoquer.

(1) Le 24 décembre 1980, Paul Mercieca, le maire (communiste) de Vitry sur Seine, fit détruire au bulldozer un foyer de travailleurs maliens sur sa commune.

Ndlr. Rappelons que le coût annuel de l'immigration est de 30 milliards d'euros.

Extrait de l'émission "C dans l'air"
du 6 septembre 2006 sur France 5


video



Source : Valeurs Actuelles
Immigration : ce qu’elle coûte, ce qu’elle rapporte

La rareté des données chiffrées rend difficile une évaluation des politiques migratoires. Michèle Tribalat et Jean-Paul Gourévitch tentent de combler cette lacune.

La question de l’immigration serait-elle devenue trop sensible en France pour être sérieusement débattue ? C’est la question que pose Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques, dans son nouveau livre, les Yeux grands fermés, sous-titré l’Immigration en France (Denoël). Déplorant la faiblesse de l’appareil de mesure des phénomènes migratoires, elle y discute des thèses réputées jusque-là… indiscutables : « En dehors de l’Hexagone, les débats scientifiques sont vifs, aux États-Unis notamment, où les études réalisées sur l’impact économique de l’immigration ne confortent pas le postulat français d’une contribution essentielle », écrit-elle.
C’est aussi parce que les chiffres sur ce sujet sont peu nombreux et souvent imprécis que Jean-Paul Gourévitch a consacré une étude au coût de la politique migratoire de la France, publiée par l’association Contribuables associés. Spécialiste de l’Afrique et des migrations, Jean-Paul Gourévitch a déjà écrit de nombreux ouvrages, dont les Africains de France et les Migrations en Europe (éditions Acropole). Il a reçu récemment le prix de l’essai historique Pierre Gaxotte pour le Rêve méditerranéen, d’Ulysse à Nicolas Sarkozy (L’OEuvre). Son ambition: clarifier les chiffres qui pourraient ensuite éclairer les décisions publiques et nourrir le débat sur la politique d’immigration, qu’on la pense inéluctable ou qu’on cherche à maîtriser les flux migratoires.

1. Les chiffres
Selon l’Insee, un immigré est « une personne résidant en France, née étrangère dans un pays étranger ». Cette définition est à différencier de celle de l’étranger, « personne résidant en France et n’ayant pas la nationalité française ». Tous les immigrés ne sont donc pas des étrangers, certains ayant acquis la nationalité française. Jean-Paul Gourévitch a cherché à dénombrer la totalité de la communauté d’origine étrangère,en incluant les enfants d’immigrés nés en France, non comptés dans les statistiques officielles, et les étrangers en situation irrégulière.
Il estime cette population à 7,7 millions de résidents en 2009, soit 12,25 % de la population métropolitaine. Les trois quarts sont issus du continent africain: 3,4 millions du Maghreb et 2,4 millions de l’Afrique subsaharienne. Les autres immigrés viennent essentiellement de l’Union européenne (entre 700000 et 1,1 million), de la Turquie et des Balkans (entre 300000 et 500 000), de l’Asie (entre 300000et 600000). Jean-Paul Gourévitch se fonde sur diverses études pour conclure qu’il y aurait entre 350000 et 750000 immigrés en situation irrégulière en France, soit une moyenne « relativement stable depuis deux ans » de 550000.
En un an, 215000 immigrés arrivent légalement sur le territoire, et 90 000 en sortent. Le solde de l’immigration régulière est donc de 125000 personnes par an. Quant aux demandes de naturalisation, environ 150000 seraient satisfaites tous les ans.

2. Les raisons de l’immigration
Pourquoi ces étrangers choisissentils de venir en France plutôt qu’ailleurs ? Au XXe siècle, on distinguait trois catégories d’immigrés : les demandeurs de travail, les demandeurs d’asile et les femmes et les enfants entrant au titre du regroupement familial. Mais les motivations se sont diversifiées. Outre l’attrait pour la France, « carrefour d’échanges intellectuels dans tous les domaines de l’art », Jean-Paul Gourévitch en recense plusieurs :
– l’excellence du système de santé français;
– la poursuite des études, motivée par la variété du système d’enseignement, et l’offre de bourses aux étrangers;
– les prestations sociales et la politique de rapprochement familial;
– l’acquisition de la nationalité française par mariage avec un résident français et pour les enfants nés en France;
– la demande d’asile;
– la faiblesse du taux de reconduites à la frontière (30 % de ces reconduites sont exécutées);
– l’aide au retour volontaire : prise en charge du voyage, versement de 3500 euros pour un couple, 2000 pour un adulte seul, 1000 euros par enfant mineur jusqu’au troisième enfant et 500 euros pour chacun des enfants suivants. 7000 euros sont également proposés aux ressortissants ayant un projet d’entreprise.

3. Mariages et démographie
Le mariage d’un immigré avec un résident français semble un bon moyen pour l’immigré d’acquérir la nationalité française et pour la France d’intégrer efficacement ledit immigré dans la population française. Cependant, selon Michèle Tribalat, qui cite une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 63 % des personnes entrées en France en tant que conjoint d’un résident français rejoignent une personne d’origine étrangère. Peut-on vraiment parler, dans ce cas, de “mariage mixte” ? Une proportion importante de ces mariages sont à l’origine de flux d’immigration de conjoints de Français: « 46% des mariages “mixtes” enregistrés à l’état civil en France, et 56% de ceux célébrés à l’étranger ont suscité ou régularisé une immigration en France en 2006 », précise la démographe.
Selon Jean-Paul Gourévitch, les familles d’immigrés comportent 3,2 personnes en moyenne, au lieu de 2,4 pour l’ensemble de la France. D’après l’Insee, le taux de fécondité des femmes étrangères en 2003 était en moyenne de 3 enfants, contre une moyenne de 2 pour la population globale. En 2006, 17 % des naissances étaient dues à la population immigrée.

4. Le coût de l’immigration
La politique de l’immigration française a un coût,qu’il n’est pas facile d’estimer. Jean-Paul Gourévitch reconnaît honnêtement les limites de son étude, en l’absence de certaines données précises : « Plusieurs postes de dépenses sont facilement identifiables et chiffrés en fonction des statistiques existantes ou d’informations disponibles après de brèves recherches. D’autres ont été reconstitués avec une probabilité sérieuse. Pour certains, en revanche, faute de documents, nous avons été obligés d’établir des moyennes, des ratios, voire des fourchettes. » Son étude « n’a pour ambition que de donner un ordre de grandeur relativement performant et de tracer les voies qu’il conviendrait d’explorer », précise-t-il.
Le coût de l’immigration résulte de la différence entre les recettes et les dépenses.
Côté recettes, Jean-Paul Gourévitch compte les cotisations sociales et les recettes fiscales pour l’État et pour les collectivités locales: 48,99 milliards.
Côté dépenses, il distingue les “coûts sociaux”, correspondant aux prestations sociales versées, les “coûts sociétaux et fiscaux” (lutte contre l’économie informelle et la fraude), les “coûts sécuritaires” (maintien de l’ordre, protection des biens et des personnes et contrôle des frontières) et les “coûts éducatifs”, liés à l’accueil des étudiants étrangers. Le total s’élève, selon lui, à 79,4 milliards d’euros par an. Les dépenses de protection sociale représentent les trois quarts de cette somme: 58,64 milliards. Les recettes n’équilibrant pas les dépenses, la politique d’immigration enregistre un déficit annuel de 30,4 milliards d’euros.
À ce chiffre, Jean-Paul Gourévitch ajoute « les investissements consentis par l’État pour freiner l’immigration en provenance des pays du Sud,améliorer l’accueil et la situation des migrants qui s’installent en France et construire une meilleure égalité des chances pour les enfants. Au total, près de 10 milliards d’euros que ne compensent ni la plus-value générée par le travail des immigrés pour la communauté nationale (5 milliards) ni les retombées économiques, faibles et quasi non chiffrables de l’expatriation ».


Entretien avec Claude Goasguen.


"La France est le pays le plus accueillant du monde".

Alors qu’est débattu à l’Assemblée le projet de loi sur l’immigration, le député UMP veut en finir avec l’“angélisme” et dénonce les dérives de l’aide médicale de l’État.

Vous avez été chargé par l’Assemblée d’un rapport portant, notamment, sur l’AME (aide médicale de l’État). Ce dispositif réservé aux sans papiers est mal connu des Français. Personne n’en parle. Comment l’expliquez- vous ?
Claude Goasguen : L’AME fait partie des “zones d’ombre” de notre politique d’immigration. La gauche, qui l’a créée en 1998, n’en parle pas, et pour cause : elle préfère, pour des raisons politiques, dénoncer le traitement soi-disant “inhumain” dont seraient victimes les clandestins – alors même que la France est en réalité l’une des plus généreuses du monde à leur égard ! La droite elle aussi se tait, mais pour des raisons inverses : alors que nos électeurs réclament plus de fermeté contre les clandestins, elle a continué, par facilité, à laisser faire, et surtout à laisser dériver le fonctionnement et le coût d’un dispositif qui aboutit à cet incroyable constat : en France, aujourd’hui, les immigrés illégaux sont mieux couverts, en matière de santé, que ne le sont les immigrés légaux et les Français eux-mêmes ! C’est à la fois un gouffre financier et une “pompe aspirante” pour l’immigration clandestine. D’autant plus inacceptable, en l’état, à l’heure où l’on demande aux Français de se serrer la ceinture.

En quoi consiste vraiment cette AME, et combien de clandestins en bénéficient ?
Claude Goasguen : Lorsqu’elle a été créée, il y a douze ans, elle devait permettre aux clandestins d’être couverts dans les seuls hôpitaux publics, et uniquement en matière de médecine d’urgence, de grossesse et de vaccination. Les deux premiers cas pour des raisons humanitaires, le troisième afin d’éviter la propagation de maladies infectieuses. Mais ce dispositif, comme je l’ai dit, a dérivé : l’AME couvre désormais à 100 % – c’est-à-dire sans ticket modérateur, contrairement à la CMU – l’ensemble des soins médicaux (lunettes, dentistes, cures, etc.), y compris auprès de médecins libéraux. Environ 200 000 clandestins en bénéficient.

Pour quel coût ?
Claude Goasguen : Le budget alloué à l’AME est passé de 47 millions d’euros en 1998 à 520 millions. Auxquels s’ajoute – le poste étant en déficit… – une rallonge de 150 millions. Soit un total de 670 millions d’euros par an – 3 350 euros par clandestin en moyenne.

Que proposez-vous ?
Claude Goasguen : Le rapport sera rendu début 2011. Mais une chose est sûre : au rythme actuel, le coût de l’AME risque d’atteindre… un milliard d’euros d’ici quelques années, car cette population est encore sous-médicalisée. Il n’est pas question de l’interdire, mais de revenir à son double objet initial : un dispositif permettant aux sans-papiers de bénéficier de soins vitaux – auxquels chacun doit pouvoir prétendre dans une grande nation civilisée – et au reste de la population de se prémunir contre les risques de contagion. C’est, du reste, la voie choisie par la plupart de nos voisins, à l’exception de la Grande-Bretagne. Notre objectif est d’économiser 300 millions d’euros par an. J’ajoute que moins d’“avantages” octroyés aux clandestins, c’est aussi moins de clandestins tentés de venir chez nous profiter de ces mêmes “avantages”…

Certains vous diront que la solution passe aussi, et peut-être d’abord, par l’augmentation du nombre des expulsions. Or Éric Besson vient de reconnaître que 75 % d’entre elles n’étaient pas effectuées…
Claude Goasguen : C’est la raison pour laquelle une nouvelle loi va être votée. Mais elle risque, comme les précédentes, de se révéler insuffisante. Concernant l’immigration, notre pays baigne en effet, depuis des années, dans un certain angélisme. Or agir avec efficacité en la matière consiste d’abord à dire la vérité aux Français. Cette vérité, contrairement à ce que dit la gauche, c’est que la France est, avec ses immigrés légaux et illégaux, le pays le plus généreux et le plus accueillant du monde ! Nulle part ailleurs ceux-ci ne bénéficient de droits et de protections équivalents en matière sociale, de justice, d’emploi, etc. Mais, comme pour l’AME, cela ne se sait pas, ou peu.
Le sujet, du reste, est tellement tabou qu’on ne sait même pas combien il y a réellement d’immigrés en France, puisque nous sommes le seul pays en Europe à ne pas disposer de registres de population. Aujourd’hui, les langues commencent, un peu, à se délier. Les travaux de Jean-Paul Gourevitch, par exemple, ont démontré que l’immigration nous coûte plus qu’elle ne nous rapporte : 90 milliards de dépenses publiques d’un côté, 65 milliards de recettes de l’autre. C’est un début. Il faut faire sauter tous les tabous en matière d’immigration : comment débattre et agir sur un sujet que l’on connaît si peu ?

Comment expliquez-vous, justement, que des personnes en situation illégale bénéficient d’une aide légale de l’État – censé devoir les expulser ?
Claude Goasguen : Cela illustre mon propos. Beaucoup de Français se disent : “Qu’attend l’État pour expulser une partie au moins des 200 000 clandestins qui se sont inscrits, à la Sécu ou à l’hôpital, pour percevoir l’AME ? Mais la réalité, ignorée, c’est qu’il est interdit de croiser les fichiers ! Je souhaite que l’on permette ces croisements.
Inversement, une partie de l’opinion apporte son soutien aux “travailleurs sans-papiers”, trouvant injuste que l’on puisse menacer d’expulsion des salariés “en règle”. Mais si ces clandestins ont été embauchés, c’est sur la foi de documents falsifiés ! Non seulement il s’agit de personnes entrées illégalement en France, mais elles ont, de surcroît, fabriqué des faux papiers – un délit extrêmement grave.
Je souhaite que les patrons, qui ne disposent d’aucun moyen, ou presque, vérifient l’authenticité des documents produits par ces clandestins, cessent d’être “présumés coupables”. Il appartient aux autorités de démontrer leur mauvaise foi, et non l’inverse.

Pensez-vous qu’il faut restreindre la double nationalité ?
Claude Goasguen : Là encore, nous parlons de choses que nous ignorons : combien y a-t-il, réellement, de binationaux en France ? Sont-ils plus attachés à l’une ou à l’autre de leurs nationalités ? Une chose est sûre : cette dou ble allégeance – puisqu’il s’agit bien de cela – n’est pas conforme avec l’idée d’intégration. Si lors de la dernière Coupe du monde certains supporters français d’origine algérienne se sont montrés plus algériens que français, c’est en partie parce qu’ils avaient la double nationalité. En cas de conflit, celle-ci peut poser de graves problèmes.
Je pense que la double nationalité ne doit plus être automatique ou qu’elle doit faire l’objet de quotas. Il faut donc revenir sur un certain nombre d’accords internationaux. Mais avant toute réforme, l’important, là encore, c’est d’en finir avec les non-dits de l’immigration et, je me répète, d’en faire enfin sauter tous les tabous. Quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent.

Propos recueillis par Arnaud Folch

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1 Réactions:

Anonyme a dit…

Demandez un referendum sur l'immigration
www.stop-immigration.fr

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